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15 Mai, fête de l'enseignement Catholique

 

En ce jour du 15 Mai, l’Ecole Catholique Associée de Bitkine a organisé une célébration d’action de grâce en communion avec toutes les ECA du Tchad.

 

C’est dans la plus grande simplicité que ce temps fort s’est organisé en 2 temps : la prière et la fête !

Un temps de prière sous la forme d’action de grâce de tous les bienfaits reçus du Seigneur au long de cette année 2025-2026. Après un chant à l’Esprit Saint, le curé, Père Benjamin a lu l’Evangile de Marc 10, 13-16 :

  « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. » Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains. »

puis il s’est inspiré du thème du jour pour commenter, à savoir :

« L'éducation catholique, chemin d'espérance et de transformation sociale »

Il a notamment invité les élèves, en majorité des filles malgré la mixité en CP1, CP2 et CE1, à poursuivre avec courage leurs études. « Le pays a besoin de vous ! ». Ensuite un élève par classe a lu la prière préparée ensemble. Elles étaient très belles, remerciant Dieu pour « la croissance, la vie reçue chaque jour pour déployer des talents ».

 

Enfin, la prière du Notre Père nous a rassemblé avant un chant final.

Je rends grâce de ce temps d’offrande de ce qu’a été cette année scolaire. Rendre au Seigneur tous les bienfaits reçus et aider les élèves à se respecter dans leurs différentes religions. Cette célébration « œcuménique » a créé la communion entre tous. MERCI Seigneur !

 

Voici ci-dessous le thème du 15 mai déployé par la Direction nationale. Il donne également les orientations et les réflexions que nous portons comme enseignement catholique au Tchad.

Issu du thème du Jubilé 2025 "Pèlerins d'espérance", « L'éducation catholique, chemin d'espérance et de transformation sociale » nous convie à une réflexion approfondie sur le rôle de l'éducation dans notre société.

En effet, l'éducation est considérée comme un vecteur essentiel de l'épanouissement humain, permettant à l'individu de développer ses potentialités et de réaliser son humanité. Elle est un voyage initiatique, un puissant levier de transformation sociale, qui transcende la simple acquisition de connaissances pour se muer en un processus continu de croissance intellectuelle, morale et spirituelle. Tel un pèlerin, l'individu chemine vers l'autonomie et la compréhension du monde, forgeant ainsi des citoyens éclairés et responsables, capables d'appréhender les défis contemporains et de contribuer activement à l'édification d'un avenir meilleur.

 

L'Église a toujours accordé une importance primordiale à l'éducation, la considérant comme un chemin de croissance qui permet à l'individu de s'élever vers la lumière de compréhension, de développer son esprit critique et de forger son identité. En notre qualité de pèlerins, nous sommes en quête perpétuelle de la connaissance, de la sagesse, de la vérité et de la justice, pour une espérance active.

Durant cette année scolaire, nous avons pu réfléchir sur la manière dont l'Église a soutenu et continue de soutenir l'éducation, en encourageant la transmission des savoirs, l'apprentissage et l'ouverture à autrui. Nous aurions également pu examiner comment l'éducation peut être un outil de transformation sociale, permettant de bâtir une société plus juste, plus équitable et plus solidaire. Nous aurions enfin répondu à la question nodale suivante : en quoi l'éducation catholique est un chemin d'espérance, un voyage de découverte et un outil de transformation sociale, qui permet aux individus de s'épanouir, de contribuer positivement à la société et de construire un avenir meilleur pour tous ?

 

 

Trois objectifs définis peuvent nous aider à développer et vivre ce thème :

 

1. Promouvoir l'éducation comme un droit fondamental et un outil de développement personnel, collectif et social.

- L'éducation doit être accessible à tous, sans discrimination, et doit permettre à chacun de

s'épanouir pleinement.

- Elle doit également être un moteur de progrès social, en favorisant l'égalité des chances, la

justice et la solidarité.

 

2. Encourager les élèves à devenir des "pèlerins de la connaissance" en développant leur curiosité, leur esprit critique et leur soif d'apprendre tout au long de leur vie.

- L'apprentissage ne doit pas se limiter à l'acquisition de connaissances théoriques, mais doit également développer la capacité à résoudre des problèmes, à innover et à s'adapter aux changements.

- Les élèves doivent être encouragés à explorer de nouvelles idées, à remettre en question les idées reçues et à se forger leur propre opinion.

 

3. Renforcer la collaboration et la solidarité entre tous les acteurs de l'éducation (enseignants, élèves, parents, communautés) pour améliorer la qualité de l'enseignement et créer un environnement d'apprentissage stimulant et inclusif.

- L'éducation est une responsabilité partagée qui nécessite l'implication de tous.

- Il est essentiel de créer des partenariats solides entre les différents acteurs de l'éducation pour garantir une éducation de qualité pour tous.

 

En somme, dire qu’au Tchad, « l’éducation catholique est chemin d’espérance et de transformation sociale », revient à affirmer qu’elle n’est ni fuite du réel, ni reproduction du système.

 

Elle est promesse tenue : celle d’engendrer des hommes et des femmes debout, enracinés dans leur terre, ouverts à l’universel, capables de croire que N’Djamena, Moundou, Sarh, Abéché, Mongo, Gounou-Gan, etc., peuvent devenir cités de justice parce que l’école aura d’abord sculpté des consciences.

 

Que le 15 mai 2026 s’offre à nous comme un véritable kairos, instant privilégié de l’Esprit où le temps chronologique se fait épiphanie du sens. Qu’il soit habité par la splendeur des célébrations liturgiques, par la fécondité des activités socio-culturelles et par la densité de réflexions approfondies sur le Projet éducatif global, édifié sur le socle des valeurs humaines et universelles ordonnées au service éminent de la personne et de la société tout entière. Nous formons le vœu que cette journée devienne une halte méditative décisive, propre à scruter la portée ontologique de l’éducation catholique et à mesurer son incidence déterminante dans la genèse de citoyens responsables et éclairés, aptes à œuvrer, par la force de l’intelligence et de la charité, à l’avènement d’un avenir plus juste et plus fraternel pour l’ensemble de l’humanité.

 

Quelques axes de réflexion  (Cf Document de la DINEC du 15 Mai 2026)

1. L’espérance comme vertu éducative dans un Tchad en quête d’avenir

Réflexion philosophique : L’espérance n’est pas optimisme naïf, mais vertu théologale qui fait tenir debout quand tout vacille. Éduquer, au Tchad, c’est semer dans une terre souvent marquée par l’insécurité, l’exode rural, la précarité.

Enjeu tchadien : Face au désenchantement des jeunes, au chômage des diplômés, à la tentation de l’émigration, l’école catholique propose-t-elle un horizon qui dépasse l’immédiat ? Forme-t-elle des veilleurs ou des consommateurs de diplômes ?

Question : Nos établissements sont-ils des oasis où l’on apprend à espérer en agissant, ou des salles d’attente ?

 

2. Transformer la société tchadienne : de l’instruction à la conversion des structures.

Réflexion : La doctrine sociale de l’Église rappelle que transformer la société ne se réduit pas à moraliser les individus, mais à évangéliser les structures. L’éducation catholique ne vise pas seulement des têtes bien pleines, mais des cœurs qui bâtissent.

Enjeu tchadien : Corruption, tribalisme, violences, inégalités sociales, mariage précoce. L’école catholique peut-elle devenir laboratoire d’une gouvernance nouvelle, d’une citoyenneté responsable, enracinée et ouverte ?

Question : Nos élèves quittent-ils nos murs avec le courage de réformer nos sociétés, ou avec la seule ambition de s’y insérer ?

 

3. L’inculturation de l’Évangile : une pédagogie enracinée et universelle.

Réflexion : Au Tchad, carrefour de cultures arabe, moussey-moaga, sara, peule, moundang, etc., l’éducation catholique ne peut être un décalque. Elle doit dire le Christ avec les mots, les symboles, la sagesse du terroir.

Enjeu tchadien : Comment articuler l’excellence scolaire héritée du modèle occidental et les éléments axiologiques de nos traditions, réservoir inexploité ? Comment l’école catholique se prend-elle véhément pour œuvrer en faveur de la laïcité éducative au Tchad ?

Question : Formons-nous des chrétiens déracinés ou des Tchadiens transfigurés par l’Évangile ?

 

4. La préférence pour les pauvres : école catholique et fractures sociales au Tchad.

Réflexion : L’option préférentielle pour les pauvres est au cœur de l’identité catholique. Or le risque est grand que l’école catholique, par ses frais, devienne élitiste.

Enjeu tchadien : Dans un pays où 42 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, où l’accès des filles à l’école reste fragile en zone rurale, comment nos établissements, comme le Complexe Scolaire Frère Polycarpe de N’Djamena, restent-ils fidèles aux intuitions du Père André Coindre : aller vers la jeunesse délaissée ?

Question : Notre excellence exclut-elle, ou élève-t-elle les plus petits ?

 

5. Former des artisans de paix dans un contexte de fragilité 

Réflexion : Le Tchad est entouré de crises — Soudan, Centrafrique, lac Tchad — et vit ses propres tensions. L’éducation est la première arme de la paix.

Enjeu tchadien : Apprendre à des enfants de cultures et religions diverses à vivre, prier, travailler ensemble. L’éducation catholique, par son projet anthropologique, peut désarmer les cœurs avant les mains.

Question : Nos cours de récréation préfigurent-elles la nation réconciliée que nous appelons de nos vœux ?

 

6. Écologie intégrale : éduquer à habiter la terre tchadienne.

Réflexion : Laudato si’ parle d’une écologie intégrale : cri de la terre et cri des pauvres. Le Tchad, frappé par l’avancée du désert, la crise du lac Tchad, les inondations à N’Djamena, est en première ligne.

Enjeu tchadien : L’école catholique doit former des gardiens de la Création : reboisement, gestion de l’eau, agriculture durable. Le travail manuel, cher aux Frères du Sacré-Cœur, retrouve ici une actualité prophétique.

Question : Enseignons-nous à dominer la nature, ou à l’habiter en frères et sœurs ?